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Les déclarations de grossesses illégitimes

Par l’édit de 1556, Henri II, roi de France, impose aux femmes enceintes non mariées ou veuves de déclarer leur grossesse aux autorités. Cette mesure vise à lutter contre les avortements, les infanticides et les abandons clandestins, fréquents à l’époque. Toute femme ne respectant pas cette obligation risquait jusqu’à la peine de mort en cas de décès de l’enfant. 

Cette déclaration devait se faire auprès du bailliage auquel était rattachée leur paroisse. Les déclarantes devaient se rendre sur place, à pied ou en charrette, dans un état de grossesse souvent très avancé. (souvent en fin de grossesse, quand tout avait été tenté pour y mettre fin ou quand finalement, le père se rétractait).

On trouve donc ces documents dans les archives de justice d’Ancien Régime, mais aussi parfois dans les archives notariales. 

Les déclarations semblent toutes recueillir les mêmes informations :

- la date de la déclaration

- l’identité de celui qui recueille la déclaration

- l’identité de la déclarante, ses parents, son adresse, son métier si elle en a un

- les circonstances de la rencontre et le nom du père présumé

- le stade de la grossesse

- la déclaration était souvent terminée par un rappel à l’édit d’Henri II, ou bien aux deux édits suivants qui le reconduisent, celui de 1585 et celui de 1708.

Archives de la Nièvre-Registres paroissiaux de Nevers-Saint Sauveur-1759-4 E 194/50 

Ces déclarations de grossesses sont importantes en généalogie lorsqu’un enfant est illégitime. Elles donnent des informations sur la mère de l'enfant, ses parents, mais aussi sur le prétendu père. Dans celle-ci, on a même les précisions sur la naissance de l'enfant, dans la marge, ce qui facilite encore plus les recherches !

Ces déclarations sont aussi un témoignage de l’Histoire des femmes dans la société. Les actes non consentis ou encore ceux qui l’étaient par naïveté, l’ignorance des jeunes femmes sur la sexualité et la conception des enfants. Parfois, le père épousait la mère et régularisait ainsi la situation. Mais plus souvent, l’enfant était abandonné. 

Les Amours funestes de Francesca de Rimini - Marie-Philippe Coupin de La Couperie

Pour des raisons diverses, bon nombre de femmes ne déclaraient pas leur grossesse et certains centres d’ archives n’en ont pas ou très peu dans leurs registres. 

Bonnes recherches à tous !

 

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